Les Ombres de la Traîtrise


Détails :

Auteur : Recueil de nouvelles

Catégorie : L’Hérésie d’Horus

Nombre de  pages : 412

Paru en VF en Mars 2015 chez Black Library / Paru en VO en Septembre 2012

Traducteur : Nathalie Huet et Julien Drouet

Sur le reclusiam : critique de Maestitia

Mon avis :  

Depuis les champs de bataille de Phall et Isstvan, et jusque dans les ombres qui menacent de recouvrir Terra, la plus grande guerre que l’humanité ait jamais connue fait rage. Alors que les légions renégates mènent leur campagne de terreur à travers la galaxie, les troupes de l’Empereur préparent les défenses du Palais Impérial, en prévision de l’affrontement inévitable qui s’annonce… Cette anthologie couvre l’intégralité de l’époque maudite connue sous le nom de l’Hérésie d’Horus, et contient des nouvelles par Dan Abnett, Graham McNeill et Gav Thorpe, ainsi que deux romans courts. Dans The Crimson Fist, de John French, vous en apprendrez davantage sur le destin de la flotte envoyée par Rogal Dorn sur Isstvan III ; et Prince of Crows, par Aaron Dembski- Bowden, vous fera plonger un peu plus profondément dans les ténèbres qui entourent la légion des Night Lords.

C’est à J. French que revient l’honneur d’amorcer ce nouveau recueil avec une nouvelle traitant des Imperial Fists et découpée en deux parties : d’une part, la flotte de guerre IF, qui se retrouve immobilisée en marge d’un système alors qu’ils partaient sanctionner les Sons of Horus de leur trahison, et de l’autre Dorn et Sigismund, restés à Terra pour préparer les défenses. C’est une nouvelle plutôt intéressante et bien rythmée, qui a le mérite de mettre en scène des personnages connus, mais c’est également là son défaut : le commandant de la flotte Imperial Fist est Alexis Polux, futur maître de chapitre des Crimson Fists lorsque que la Légion sera éclatée. On ne se fait donc que peu de souci quant à sa survie. De même, J. French met l’accent sur les doutes et remords de Sigismund, laissant présager un futur repentir pour celui qui deviendra le maître de chapitre des Blacks Templars…

G. McNeill enchaîne ensuite avec Le Roi Sombre, une nouvelle déjà parue dans un petit recueil en diptyque avec La Tour Foudroyée, de D. Abnett, qui sera la nouvelle suivante de ce recueil. Une bonne occasion pour ceux qui n’avaient pu se procurer le petit fascicule (dont le prix atteignait parfois des sommes délirantes) de découvrir ces deux nouvelles. Celle-ci ne fait suivre rien de moins que Konrad Curze, le dérangé primarque de la VIIIème Légion des Nights Lords au moment où il se trouve incarcéré par ses frères pour avoir tabassé (mis en sang serait plus exact) Rogal Dorn, manquant de le tuer. Il ne va évidemment pas se laisser enfermer et attendre le bon vouloir de ses « camarades »… Le seul reproche que je pourrais faire à cette (courte) nouvelle serait le déballage de puissance que semblent faire les auteurs à chaque fois qu’un primarque se bat contre un autre, rendant le tout un peu confus. Ici, Kurze surclasse littéralement Dorn, pourtant pas censé être un novice en matière de combat, alors que lui même se fera (spoiler alert) lui aussi complètement marcher dessus par le Lion, le mettant dans le même état que lui a mit Dorn. De telles différences de « niveau » semblent difficilement compréhensibles puisque les primarques sont censés être sensiblement égaux… On est loin, à mon sens, de l’affrontement plus équilibré entre Angron et Guilliman dans Félon.

J’en parle juste au dessus, la nouvelle suivante est La Tour Foudroyée, de D. Abnett. Cette nouvelle extrêmement courte met de nouveau Dorn en scène, cette fois face à ses doutes concernant son rôle (et surtout sa réussite dans la sécurisation du Palais Impérial). Plus intéressant, il s’interroge également sur les motivations d’Horus. Ou plus exactement, il évite de s’interroger dessus, de peur d’être en accord avec les raisons de son frère. Je trouve plutôt intéressante de nous présenter ces primarques comme autre chose que des parangons de loyauté ou de traîtrise. Après tout, même si c’est loin, ils restent humains…

Retour à G. McNeill pour une nouvelle totalement déconnectée des précédentes, puisqu’on se trouve avec Le Projet Kaban sur Mars, au sein du Mechanicus. On y suit la découverte d’un jeune adepte des capacités de la machine donnant son titre à la nouvelle, et de ses doutes quant à la légitimité de cette création. Faisant un rappel à certains éléments présentés dans Mechanicum (la venue de l’Empereur sur mars, notamment), cette nouvelle est sans doute la plus réussie du volume, présentant parfaitement le schisme idéologique qui partagea la planète rouge durant l’Hérésie.

G. Thorpe présente ensuite Le Vol du Corbeau, où on suit Corax et ses Raven Guards alors qu’ils viennent de se faire massacrer par les nouveaux traîtres lors du bien nommé « Massacre du Site d’Atterrissage ». La nouvelle raconte comment ces derniers survivent alors qu’ils n’ont aucun espoir de quitter la planète et que celle-ci est infestée de troupes ennemies, en particulier de World Eaters. Sans être mauvaise, cette nouvelle n’apporte pas grand chose. Elle aurait sa place dans un recueil sur la Raven Guard ou dans Deliverance Perdue, mais ici, hors contexte, elle est qualitativement en dessous des autres.

Mort d’un Orfèvre est encore une nouvelle de G. McNeill. Très courte, elle nous fait vivre les derniers instants d’un artisan oeuvrant parmi les commémorateurs du Vengeful Spirit, le vaisseau du Maître de Guerre, pas encore passé du côté du Chaos. Trop courte pour apporter quoique ce soit, cette nouvelle n’est construite que pour sa dernière phrase…

Le volume s’achève sur le mini-roman d’A. Dembski-Bowden. Rarement publiés en français, ces mini-romans sont ce que les anglais classent en « Novella ». Et celle-ci est un véritable chef d’oeuvre, comme souvent avec ADB (qui a dit « parti pris ! » ?). Intitulée Le Prince des Corbeaux, elle ne fait pas suivre Corax mais le tourmenté (et complètement barré) Konrad Curze – le NightHaunter – et son premier capitaine Jago « Sevatar » Sevatarion. ADB revient sur la naissance du NightHaunter sur Nostramo et les raisons qui l’ont poussé à lancer un exterminatus sur ce monde (même si ce moment n’est pas l’objet de la Novella) mais, outre l’intérêt que peut avoir ce morceau d’histoire, il n’a rien à faire dans une histoire sur l’Hérésie. C’est donc un flashback instructif, tandis que la « véritable » histoire prend place alors que les Nights Lords viennent de se prendre une dérouillée (pour ne pas dire une branlée) par les Dark Angels. Curze mourrant, c’est au Kryptotera (l’équivalent du Mournival des Sons of Horus) que revient le commandement temporaire de la Légion. Sevatar y est présenté comme un individu cynique, dépourvu d’émotion (ou du moins comme étant incapable de les comprendre), d’une grande fidélité à son primarque mais également d’une extrême sévérité. Il est également troublé, ce qu’il cache évidemment à ses « frères », bien que la notion de fraternité n’existe pas vraiment au sein de cette Légion… Toute l’histoire va donc se concentrer sur la survie du reste de la flotte Night Lord en attendant le réveil de leur Primarque. S’il se réveille un jour…

 

Si c’est pour moi une merveille, c’est parce que c’est écrit comme de l’ADB : fin, tranchant, dynamique, cynique… Il n’est jamais aussi bon que quand il écrit pour les méchants (cf. Félon), et il le prouve une fois encore. On se prend réellement d’affection pour Sevatar, qui est pourtant l’archétype du sale type, de part sa Légion et de part ses origines (l’exterminatus sur Nostramo était presque un acte de noblesse pour Curze, tellement cette planète et ses habitants étaient pourris jusqu’à la moelle)… Le format Novella ne permet à l’histoire de ne pas souffrir de longueurs, comme ça a pu être le cas dans la trilogie Night Lords du même ADB. S’il n’y a qu’une histoire à lire dans ce recueil, c’est celle-ci !


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